Écrit par Stéphane Manson, masseur-kinésithérapeute (RPPS 10005457196). Mis à jour le 1er septembre 2026.
En bref. Il n'existe pas un canal qui marche mieux que les autres. Les titulaires qui trouvent vite sont ceux qui publient sur deux ou trois canaux en même temps, généralement un groupe Facebook local, un site d'annonces spécialisé, et un message direct à leur réseau. Le reste dépend de votre délai et de votre zone géographique.
Transparence : cet article est publié par Kinejob, qui fait partie des sites cités. Nous avons essayé de décrire les autres canaux tels qu'ils sont, avec leurs avantages réels.
Les groupes Facebook : rapide, massif, et un peu épuisant
C'est le premier réflexe de la profession, et ce n'est pas un hasard. Le groupe Kiné Annonces revendique près de 35 000 membres. Ajoutez les groupes départementaux, régionaux, parfois même par ville, plus ceux consacrés à une spécialité comme la pédiatrie, et vous avez la plus grande concentration de kinés en un seul endroit.
Ce qui marche. La vitesse. Une annonce postée le matin peut recevoir une réponse dans l'après-midi. C'est gratuit, et vous pouvez discuter directement en commentaire ou en message privé, ce qui accélère beaucoup les échanges.
Ce qui coince. Votre annonce descend dans le fil en quelques heures. Si vous publiez un mardi à 14h et que dix personnes postent après vous, plus personne ne la voit le lendemain. Il faut donc republier régulièrement, ce qui agace les administrateurs de certains groupes.
Le reste est plus embêtant. Aucun filtre géographique fiable, donc vous recevez des candidatures de l'autre bout de la France. Aucune vérification des profils : rien ne vous garantit que la personne en face est bien inscrite au tableau de l'Ordre. Et il y a une quantité de doublons entre les groupes, si bien que vous ne savez jamais vraiment où vous en êtes.
Un conseil pratique : privilégiez le groupe départemental au groupe national. Moins de membres, mais des gens qui habitent à moins de trente minutes de votre cabinet. C'est ce qui compte.
Les sites d'annonces spécialisés : le comparatif
Là, l'offre est fournie. Voici les principaux, par ordre alphabétique.
| Site | Coût | Points forts | Limites |
|---|---|---|---|
| App'Ines | Publication gratuite mais bridée, boost payant | Application mobile, alertes selon vos critères, bien identifiée des jeunes diplômés et des kinés formés à l'étranger | Sans boost, l'annonce ne déclenche aucune notification chez les candidats. Boost de 15 à 60 crédits, environ 11 à 60 € |
| FisioFrance | Gratuit | Kinés étrangers exerçant ou souhaitant exercer en France | Audience de niche |
| Kinejob | Gratuit | 100 % kiné, annonce renouvelable sans limite | Dépend du niveau d'activité dans votre zone |
| Physiorama | Gratuit bridé, ou de 11,90 à 95,20 € | Le plus ancien, le plus gros volume, des offres qu'on ne voit nulle part ailleurs | Annonce gratuite quasiment invisible, interface datée |
| Rempleo | Gratuit | Utilisateurs vérifiés par leur numéro RPPS, contrat de remplacement proposé dans l'application, filtres précis | Couverture inégale selon les régions |
Tarifs constatés en septembre 2026, à vérifier avant publication de votre annonce.
D'autres sites circulent encore dans les listes qu'on trouve en ligne, comme PhysioJob, Kinefrance, RemplaFrance ou AnnoncesMédicales. Ils sont plus confidentiels, et certains ne sont plus vraiment maintenus. Jetez un oeil avant d'y passer du temps : si la dernière annonce publiée date de six mois, vous avez votre réponse.
Trois remarques honnêtes.
Physiorama, le volume, mais la note est salée. Le site reste incontournable pour le nombre d'annonces, et on y trouve des offres invisibles ailleurs, notamment en zone rurale. Le souci, c'est que la version gratuite ne sert pratiquement à rien, et le site le reconnaît lui-même : efficacité très inférieure aux formules payantes.
Voici ce que ça donne concrètement.
| Formule | Prix | Durée en ligne | Texte autorisé |
|---|---|---|---|
| Gratuite | 0 € | 30 jours | 40 caractères de titre, 200 de texte |
| Premium Silver | 11,90 € | 60 jours | 500 caractères |
| Premium Gold | 35,70 € | 75 jours, dont 7 en première page | 1 000 caractères |
| Premium Platinum | 95,20 € | 90 jours, dont 30 en première page | 2 000 caractères |
Regardez la ligne du haut : 200 caractères, pas de photo, pas de carte de localisation, pas d'affichage des prestations ni des périodes, au milieu de plus de 12 000 offres en période d'affluence. Autant dire que votre annonce gratuite passera inaperçue. Si vous allez sur Physiorama, allez-y en payant, sinon n'y allez pas.
App'Ines, même logique. Vous pouvez déposer votre annonce gratuitement, mais elle reste passive : les kinés inscrits qui cherchent un poste ne reçoivent aucune notification. Autrement dit, votre annonce existe, mais personne n'est prévenu qu'elle existe. Pour déclencher les alertes, il faut booster, et là ça devient payant : 15 à 60 crédits selon le type de boost, avec des packs allant de 10 € les 10 crédits à 100 € les 135. Comptez une dizaine d'euros dans le meilleur des cas, une soixantaine dans le pire. Contacter directement un profil disponible coûte en plus 1 crédit.
L'intérêt de la plateforme, c'est son public : les néo-diplômés et les kinés formés en Espagne ou au Portugal y sont nombreux et ne connaissent souvent pas les sites historiques. Si vous cherchez quelqu'un pour un premier remplacement, c'est probablement là que ça se joue, et c'est aussi là que le boost se justifie le mieux.
Rempleo a deux fonctionnalités que les autres n'ont pas : la vérification des utilisateurs par le numéro RPPS, et la mise à disposition d'un contrat de remplacement directement dans l'application. Sur la vérification, c'est un vrai plus, surtout si vous ne connaissez pas du tout le candidat.
Le point à retenir sur ces plateformes : les deux plus visibles proposent une formule gratuite qui ne sert quasiment à rien. Chez Physiorama, votre annonce est tronquée et noyée. Chez App'Ines, elle ne déclenche aucune alerte. Ce n'est pas malhonnête de leur part, c'est leur modèle économique, mais il faut le savoir avant de s'étonner du silence.
Commencez donc par les canaux réellement gratuits, votre réseau et les groupes Facebook en tête. Si au bout de deux semaines rien ne bouge, alors payez, mais payez en connaissance de cause.
Les IFMK : anticiper avec les futurs diplômés
Canal peu utilisé, et c'est dommage.
Certains instituts de formation relaient directement les annonces auprès de leurs étudiants de dernière année. L'objectif de l'école est le même que le vôtre : que les futurs diplômés aient une piste avant la fin de leurs études, plutôt que de se retrouver sans rien en juillet.
Attention à un point réglementaire : un étudiant ne peut pas remplacer, même en dernière année. Il faut le diplôme d'État et l'inscription au tableau de l'Ordre, plus une autorisation de remplacement délivrée par le conseil départemental. Vous ne recrutez donc pas pour tout de suite, vous prenez date pour après la remise des diplômes.
En pratique : appelez le secrétariat de l'IFMK le plus proche, demandez s'ils diffusent les offres aux étudiants et sous quelle forme. Certains ont une liste de diffusion, d'autres un panneau, d'autres rien du tout. Ça se tente en cinq minutes et ça ne coûte rien.
Prendre des stagiaires : le canal qui rapporte le plus, deux ans plus tard

C'est la stratégie la plus rentable, et personne n'en parle parce qu'elle ne règle pas le problème du mois prochain.
Accueillir des étudiants en stage, c'est faire connaître votre cabinet, votre patientèle, votre façon de travailler, à des gens qui seront diplômés dans un an ou deux. Quand vous chercherez un remplaçant, vous n'aurez pas à convaincre un inconnu : vous appellerez quelqu'un qui connaît déjà les lieux, le logiciel, et une partie des patients.
Et de leur côté, ils savent où ils mettent les pieds. C'est exactement ce qui fait qu'un remplaçant accepte, ou refuse.
Ce qu'il faut faire. Contactez l'IFMK dont vous dépendez géographiquement pour connaître les conditions d'accueil et signer la convention de stage. Les modalités d'encadrement varient d'un institut à l'autre, renseignez-vous directement auprès d'eux.
Le geste qui change tout, et qui ne coûte rien : à la fin du stage, notez le nom, le mail et l'année de diplôme prévue de l'étudiant. Un simple tableur. Deux ans plus tard, quand vous cherchez pour l'été, vous envoyez trois messages et vous avez souvent votre réponse avant d'avoir publié la moindre annonce.
C'est du temps investi, il faut être clair là-dessus. Encadrer un stagiaire, ça demande de la disponibilité. Mais c'est le seul canal qui vous constitue un vivier au lieu de vous faire repartir de zéro à chaque fois.
Votre réseau : le canal le plus efficace, et le plus négligé
Avant de publier quoi que ce soit, faites la liste.
Vos anciens remplaçants, d'abord. S'ils sont venus une fois et que ça s'est bien passé, ils reviendront volontiers. Ce sont des gens qui connaissent déjà le cabinet, ce qui vous épargne toute la phase de mise en route.
Les confrères du secteur ensuite. Un cabinet voisin a peut-être un remplaçant régulier qui cherche à compléter ses semaines. Les kinés croisés en formation continue, aussi : c'est souvent là qu'on rencontre des gens qui bougent.
Les groupes WhatsApp. Beaucoup de régions et de villes ont leur groupe de kinés, souvent créé autour d'une promo, d'un secteur ou d'une amicale locale. Ces groupes sont invisibles depuis Google et ne s'agrègent nulle part, mais ils tournent très bien. Si vous n'y êtes pas, demandez à un confrère de vous y faire entrer, ou de relayer votre message.
Un message personnel à quinze personnes bien choisies vaut mieux qu'une annonce vue par mille inconnus. C'est moins spectaculaire, mais le taux de réponse n'a rien à voir.
Combien de canaux, et dans quel ordre ?
Deux ou trois. Pas un, pas huit.
Un seul canal vous rend dépendant de son niveau d'activité au moment où vous publiez. Huit canaux, c'est ingérable : vous perdez le fil des candidatures, vous répondez en double, et vous finissez par oublier quelqu'un.
L'ordre qui fonctionne :
- Votre réseau, en premier. C'est gratuit, immédiat, et ça règle une bonne partie des cas. Trois messages avant de faire quoi que ce soit d'autre.
- Un site spécialisé. Il travaille pour vous en continu, sans que vous ayez à y revenir.
- Un groupe Facebook local, en dernier. Le plus de volume, mais le plus de bruit, et il faut y repasser.
Si rien ne bouge au bout de deux semaines, élargissez : un deuxième site, un groupe départemental voisin, l'IFMK le plus proche.
Ce qui compte plus que le canal
Soyons honnêtes : le choix du site ne fait pas la moitié du travail.
Un remplaçant qui compare deux annonces regarde d'abord le montant qu'il va toucher, les dates, et la charge de travail. Une annonce précise sur un petit site reçoit plus de réponses qu'une annonce vague sur le plus gros site du marché.
Trois choses pèsent nettement plus lourd que le canal :
- Le taux de rétrocession et ce qu'il représente en euros par jour. C'est le premier critère de tri. Le sujet mérite un article à lui seul, on l'a écrit ici : quelle rétrocession proposer à un remplaçant kiné.
- Le moment où vous publiez. Pour l'été, une annonce mise en ligne en juin arrive après la bataille.
- Le contenu de l'annonce. Dates précises, volume d'activité, type de patientèle, matériel, présence ou non de visites extérieures.
Un dernier point, valable quel que soit le canal : c'est à vous de vérifier que le candidat est bien diplômé d'État et inscrit au tableau. Aucun site, aucun groupe ne le fait à votre place, à part ceux qui contrôlent le numéro RPPS. Les conditions du remplacement sont détaillées sur le site de l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes.
Questions fréquentes
Faut-il payer pour trouver un remplaçant ?
Pas nécessairement. Les groupes Facebook, votre réseau et plusieurs sites spécialisés sont réellement gratuits. En revanche, les deux plateformes les plus visibles proposent un gratuit en trompe-l'oeil : sur Physiorama l'annonce est limitée à 200 caractères sans photo et noyée dans le classement, sur App'Ines elle n'envoie aucune notification aux candidats tant qu'elle n'est pas boostée. Comptez de 11,90 à 95,20 € chez l'un, une dizaine à une soixantaine d'euros chez l'autre.
Combien de temps avant faut-il publier ?
Pour l'été, entre janvier et mars. Pour la Toussaint ou Noël, comptez deux à trois mois. Publier trois semaines avant, ça arrive, mais vous prenez ce qui reste.
Peut-on publier la même annonce partout ?
Oui, et c'est même recommandé. Adaptez juste le format : un texte court et direct sur Facebook, une version complète avec tous les détails sur les sites d'annonces.
Un étudiant en dernière année peut-il remplacer ?
Non. Le diplôme d'État et l'inscription au tableau de l'Ordre sont obligatoires, ainsi qu'une autorisation de remplacement délivrée par le conseil départemental.
Que faire si personne ne répond ?
Avant de changer de canal, relisez l'annonce et vérifiez le taux proposé. Dans la majorité des cas, le problème vient de là, pas de l'endroit où vous avez publié.
Vous cherchez actuellement un remplaçant ? Consultez les annonces ou publiez gratuitement votre recherche sur Kinejob. C'est gratuit, renouvelable autant que nécessaire, et réservé aux kinés.
Sources
- Ordre des masseurs-kinésithérapeutes : conditions du remplacement et inscription au tableau
- Ameli, espace masseur-kinésithérapeute : remplacements et obligations déclaratives
- Pages tarifaires publiques de Physiorama et d'App'Ines, consultées le 1er septembre 2026
- Code de la santé publique, articles R. 4321-107 et R. 4321-108



