Quand on s’installe comme kinésithérapeute libéral, une question revient très vite : quel pourcentage faut-il prévoir pour l’URSSAF ?
La réponse est moins simple qu’un chiffre unique. L’URSSAF ne prélève pas une seule cotisation à un taux fixe. Elle regroupe plusieurs cotisations et contributions, chacune avec ses propres règles : assurance maladie-maternité, allocations familiales, CSG-CRDS, indemnités journalières, CURPS et contribution à la formation professionnelle.
En 2026, leur calcul est en plus modifié par la réforme de l’assiette sociale des travailleurs indépendants. Il est donc risqué d’utiliser un ancien pourcentage trouvé sur Internet ou de prévoir ses charges en appliquant simplement 15 %, 20 % ou 25 % à son chiffre d’affaires.
À retenir : il n’existe pas un « taux URSSAF du kiné » unique. Le montant dépend de votre revenu, de votre activité conventionnée ou non conventionnée et, pour certaines lignes, de seuils, minima ou plafonds.
Si vous souhaitez directement connaître un montant personnalisé, vous pouvez utiliser notre simulateur :
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Quels sont les taux URSSAF d’un kiné libéral en 2026 ?
Pour un masseur-kinésithérapeute libéral conventionné, les principales cotisations et contributions recouvrées par l’URSSAF sont les suivantes.
Ce tableau permet de comprendre pourquoi parler d’un « pourcentage URSSAF » global est trompeur. Certaines cotisations sont proportionnelles, d’autres progressives, plafonnées ou même forfaitaires.
Sur quel revenu les cotisations URSSAF du kiné sont-elles calculées en 2026 ?
C’est probablement la partie la plus difficile à comprendre lorsque l’on débute.
Depuis la réforme appliquée aux cotisations calculées en 2026, l’URSSAF utilise une nouvelle assiette sociale.
Le mot « assiette » ne désigne rien de plus compliqué que cela :
L’assiette sociale est le montant sur lequel l’URSSAF applique ses taux de cotisations.
Pour un kiné en déclaration contrôlée, on commence par déterminer le revenu professionnel avant déduction de ses propres cotisations sociales.
De façon simplifiée :
Recettes professionnelles
− dépenses professionnelles déductibles hors cotisations sociales
= revenu brut social
L’URSSAF applique ensuite un abattement forfaitaire de 26 % sur ce revenu brut social. Cet abattement est lui-même encadré par un minimum et un maximum.
On obtient alors l’assiette sociale utilisée pour le calcul des cotisations.
Exemple simple
Un kiné encaisse 80 000 € de recettes dans l’année et supporte 30 000 € de dépenses professionnelles hors URSSAF et CARPIMKO.
80 000 € − 30 000 € = 50 000 €
Son revenu brut social est donc de 50 000 €.
L’abattement de 26 % représente :
50 000 € × 26 % = 13 000 €
L’assiette sociale est donc :
50 000 € − 13 000 € = 37 000 €
C’est principalement sur ces 37 000 € que vont être appliquées les différentes règles de cotisations.
Et le PASS, qu’est-ce que c’est ?
Vous verrez très souvent apparaître le mot PASS dans les documents URSSAF.
PASS signifie « Plafond annuel de la Sécurité sociale ».
Il s’agit simplement d’une valeur officielle servant de référence pour de nombreux seuils sociaux. En 2026, le PASS est fixé à 48 060 €.
Par exemple, certaines cotisations utilisent 40 % du PASS comme minimum, 3 PASS comme plafond ou encore 110 % et 140 % du PASS pour déclencher un taux progressif.
Cotisation maladie-maternité du kiné libéral
La cotisation maladie-maternité participe au financement de la protection maladie et maternité du professionnel libéral.
Son calcul est progressif selon le niveau de revenu.
Pour un kinésithérapeute conventionné, il existe surtout une particularité importante : l’Assurance Maladie prend en charge une partie de la cotisation correspondant à l’activité conventionnée.
C’est la raison pour laquelle le montant restant réellement à payer par le kiné peut être beaucoup plus faible que le taux théorique de la cotisation maladie.
Pourquoi une activité non conventionnée peut-elle augmenter l’URSSAF ?
La prise en charge de l’Assurance Maladie concerne l’activité conventionnée.
Si une partie du revenu provient d’activités non conventionnées, cette partie ne bénéficie pas de la même prise en charge et une contribution maladie additionnelle peut s’appliquer.
Le barème de cette contribution additionnelle est progressif, de 3,25 % à 9,75 % selon le niveau de l’assiette.
Cela peut concerner par exemple un kiné qui exerce parallèlement certaines activités hors convention. La situation exacte dépend toutefois de la nature des recettes.
C’est pourquoi deux kinés ayant le même revenu total peuvent ne pas payer exactement la même cotisation maladie.
Nous consacrerons un article spécifique aux activités non conventionnées, notamment l’ostéopathie, certains cours collectifs et autres activités annexes.
Allocations familiales : de 0 % à 3,10 %
La cotisation d’allocations familiales est progressive.
En 2026 :
- assiette inférieure ou égale à 52 866 € : taux de 0 % ;
- assiette comprise entre 52 866 € et 67 284 € : taux progressif entre 0 % et 3,10 % ;
- assiette supérieure ou égale à 67 284 € : taux de 3,10 %.
En clair
Un kiné dont l’assiette sociale est de 37 000 € ne paie aucune cotisation d’allocations familiales.
En revanche, lorsque son revenu augmente et dépasse les seuils prévus, cette ligne commence progressivement à peser dans le montant total URSSAF.
C’est une autre raison pour laquelle le pourcentage global de cotisations augmente avec le revenu.
CSG-CRDS : 9,70 %
La CSG et la CRDS représentent généralement une part importante des sommes recouvrées par l’URSSAF.
CSG signifie « Contribution sociale généralisée ».
CRDS signifie « Contribution au remboursement de la dette sociale ».
Le taux global est de 9,70 % :
- CSG : 9,20 % ;
- CRDS : 0,50 %.
Depuis la réforme de l’assiette sociale, la base de calcul de la CSG-CRDS est alignée sur la nouvelle assiette sociale.
Dans notre exemple avec une assiette de 37 000 € :
37 000 € × 9,70 % = 3 589 €
La CSG-CRDS représente donc à elle seule 3 589 €.
Attention : toute la CSG n’est pas traitée de la même façon fiscalement. Une partie est déductible et une autre ne l’est pas. Ce point sera abordé plus en détail dans notre futur article sur l’impôt et le BNC du kiné libéral.
Cotisation pour les indemnités journalières : 0,30 %
Les praticiens et auxiliaires médicaux versent une cotisation spécifique destinée au financement des indemnités journalières en cas d’arrêt de travail.
Le taux est de 0,30 %.
Mais l’URSSAF prévoit :
- une assiette minimale égale à 40 % du PASS ;
- une assiette maximale égale à 3 PASS.
Avec un PASS de 48 060 € en 2026 :
- l’assiette minimale est de 19 224 € ;
- l’assiette maximale est de 144 180 €.
La cotisation annuelle est donc comprise approximativement entre 58 € et 433 €.
Dans notre exemple avec une assiette sociale de 37 000 € :
37 000 € × 0,30 % = 111 €
CURPS du kiné : 0,10 %
La CURPS est la contribution aux unions régionales des professionnels de santé.
Pour les masseurs-kinésithérapeutes, son taux est de 0,10 % du revenu retenu, avec un plafond annuel de 240 € en 2026.
Avec une assiette de 37 000 €, cela représente :
37 000 € × 0,10 % = 37 €
Le cas particulier du kiné remplaçant
Un professionnel de santé exerçant comme remplaçant n’est pas redevable de la CURPS.
Si vous êtes remplaçant et que cette cotisation apparaît malgré tout sur votre échéancier, l’URSSAF indique qu’il faut la contacter afin de faire régulariser le dossier.
Cette différence est intégrée dans notre simulateur de cotisations.
Contribution à la formation professionnelle : 120 €
La contribution à la formation professionnelle, ou CFP, participe au financement de la formation des travailleurs indépendants.
Pour un kiné libéral en 2026, elle correspond à 0,25 % du PASS.
48 060 € × 0,25 % = 120,15 €
Le montant annuel est donc de 120 € après arrondi.
Contrairement à d’autres lignes, cette contribution n’augmente pas avec votre revenu.

Exemple complet : combien d’URSSAF pour un kiné avec 50 000 € avant cotisations ?
Reprenons le cas utilisé plus haut :
- recettes annuelles : 80 000 € ;
- dépenses professionnelles hors cotisations sociales : 30 000 € ;
- kiné conventionné ;
- aucune recette non conventionnée ;
- activité exercée toute l’année ;
- pas d’ACRE ;
- non-remplaçant.
Le revenu brut social est de 50 000 €.
Après l’abattement social de 26 %, l’assiette sociale est de 37 000 €.
Le calcul 2026 donne :
Dans cet exemple, le total URSSAF représente environ 7,8 % du revenu brut social de 50 000 €.
Mais il serait incorrect d’en déduire que « l’URSSAF représente toujours 7,8 % ». À un autre niveau de revenu, les allocations familiales peuvent apparaître, certains taux évoluent et certaines cotisations atteignent leur plafond.
Ce calcul n’inclut pas les cotisations CARPIMKO.
Pour calculer votre propre situation :
calculer le montant de vos cotisations URSSAF et CARPIMKO
Pourquoi mon prélèvement URSSAF ne correspond-il pas à ce calcul ?
C’est une question très fréquente.
Le montant prélevé sur votre compte bancaire au cours d’un mois n’est pas forcément le montant définitif de vos cotisations correspondant à vos revenus de cette année.
L’URSSAF fonctionne notamment avec des cotisations provisionnelles et des régularisations.
Cotisations provisionnelles
Lorsque votre revenu définitif n’est pas encore connu, l’URSSAF utilise temporairement une base calculée à partir des informations dont elle dispose.
Régularisation
Lorsque le revenu réel est connu, l’URSSAF recalcule ce que vous auriez dû payer.
Deux situations sont alors possibles :
- vous avez trop payé : le trop-perçu est régularisé ;
- vous n’avez pas assez payé : un complément est demandé.
Exemple
Vous débutez votre activité ou votre chiffre d’affaires augmente fortement.
Vos prélèvements URSSAF peuvent rester relativement faibles pendant un certain temps car ils reposent encore sur une ancienne estimation.
Cela ne signifie pas que vos cotisations définitives seront faibles.
C’est pour cette raison qu’un jeune kiné doit éviter de considérer les prélèvements visibles sur son compte comme une estimation fiable de ses charges futures.
Pour aller plus loin, consultez notre guide consacré à la régularisation URSSAF du kiné libéral.
Première année, ACRE et situations particulières
Les exemples de cet article concernent une situation standard : activité conventionnée exercée sur une année complète, sans exonération particulière.
Le calcul peut être différent notamment en cas :
- d’ACRE ;
- de début d’activité en cours d’année ;
- d’activité exercée moins de douze mois ;
- de conjoint collaborateur ;
- de cumul emploi-retraite ;
- de règles spécifiques aux DOM ou à Mayotte ;
- d’autres exonérations.
L’ACRE, par exemple, ne consiste pas simplement à retirer un pourcentage fixe du total URSSAF. Elle ne s’applique pas de la même manière à toutes les cotisations.
Dans ces situations, il est préférable d’utiliser les outils officiels ou de faire vérifier le calcul.
Si vous débutez, consultez aussi notre article Première année en libéral : combien mettre de côté pour l’URSSAF et la CARPIMKO ?
Micro-BNC : l’assiette URSSAF est-elle différente ?
Oui.
En micro-BNC, les dépenses professionnelles réelles ne sont pas déduites une par une.
L’administration applique un abattement fiscal forfaitaire de 34 % aux recettes.
Pour le calcul social 2026 d’un professionnel relevant du micro-fiscal, l’abattement fiscal spécifique s’applique à la place de l’abattement social de 26 %.
Autrement dit, l’assiette correspond en principe à 66 % des recettes.
Exemple :
50 000 € de recettes en micro-BNC
× 66 %
= 33 000 € d’assiette
Attention : le régime micro-BNC est soumis à un seuil de recettes et à des règles de dépassement sur plusieurs années.
Pour comparer les deux régimes, consultez notre guide Micro-BNC ou déclaration contrôlée pour un kiné libéral.
URSSAF et CARPIMKO : quelle différence ?
Pour un jeune diplômé, la distinction n’est pas toujours évidente.
De façon très simplifiée :
URSSAF :
- maladie-maternité ;
- allocations familiales ;
- CSG-CRDS ;
- indemnités journalières ;
- CURPS ;
- formation professionnelle.
CARPIMKO :
- retraite de base ;
- retraite complémentaire ;
- Avantage social vieillesse (ASV) ;
- invalidité-décès.
Un kiné libéral doit donc prévoir les deux organismes.
Le montant URSSAF seul ne représente pas l’ensemble de ses cotisations sociales.
Pour obtenir les deux montants simultanément, utilisez notre simulateur URSSAF et CARPIMKO 2026 :
simulateur de cotisations URSSAF et CARPIMKO pour kiné libéral
Pour le détail de la caisse de retraite, consultez nos explications sur les cotisations CARPIMKO du kiné en 2026.
Questions fréquentes sur l’URSSAF du kiné libéral
Quel pourcentage du chiffre d’affaires faut-il prévoir pour l’URSSAF ?
Il n’existe pas de pourcentage fiable applicable à tous les kinés. Les cotisations sont calculées à partir d’une assiette sociale et comprennent des taux progressifs, des seuils, des minima et des plafonds. Deux praticiens avec le même chiffre d’affaires peuvent également avoir des dépenses et une part d’activité non conventionnée différentes.
L’URSSAF est-elle calculée directement sur le chiffre d’affaires ?
Pas au régime réel. On part des recettes professionnelles puis on déduit les dépenses professionnelles admises pour déterminer le revenu brut social. L’URSSAF applique ensuite l’abattement prévu afin d’obtenir l’assiette sociale.
Pourquoi la CSG-CRDS est-elle si élevée ?
Son taux global est de 9,70 % de l’assiette concernée. Elle représente donc souvent l’une des plus grosses lignes de la partie URSSAF.
La CARPIMKO est-elle comprise dans l’URSSAF ?
Non. L’URSSAF et la CARPIMKO sont deux organismes différents. Vous devez additionner les montants dus aux deux pour connaître le coût total de vos cotisations sociales obligatoires.
Un kiné remplaçant paie-t-il la CURPS ?
Non. L’URSSAF indique explicitement que les professionnels de santé remplaçants ne sont pas redevables de la CURPS.
Les cotisations sont-elles les mêmes en micro-BNC ?
Les taux et cotisations concernés restent les mêmes, mais la manière de déterminer l’assiette sociale diffère. En micro-BNC, l’abattement fiscal forfaitaire de 34 % est utilisé.
En résumé
En 2026, le montant URSSAF d’un kiné libéral ne peut pas être résumé par un pourcentage unique.
Il faut tenir compte :
- de la nouvelle assiette sociale ;
- de la cotisation maladie et de la participation de l’Assurance Maladie ;
- des allocations familiales, dont le taux varie de 0 % à 3,10 % ;
- de la CSG-CRDS à 9,70 % ;
- des indemnités journalières à 0,30 % ;
- de la CURPS à 0,10 % pour les kinés non remplaçants ;
- de la contribution à la formation professionnelle de 120 € en 2026 ;
- et éventuellement de la part d’activité non conventionnée.
Le meilleur moyen d’obtenir un montant réaliste est donc de partir de votre propre situation plutôt que d’appliquer un pourcentage global.
Calculer mes cotisations URSSAF et CARPIMKO 2026
estimer vos cotisations sociales de kiné libéral en 2026
Sources officielles
URSSAF — Taux de cotisations des praticiens et auxiliaires médicaux :
URSSAF — Taux de cotisations des praticiens et auxiliaires médicaux
URSSAF — Cotisations d’un auxiliaire médical :
URSSAF — Cotisations d’un auxiliaire médical
URSSAF — Notice de déclaration des revenus 2026 des indépendants :
URSSAF — Notice de déclaration des revenus 2026 des indépendants
Mon-entreprise / URSSAF — Simulateur pour auxiliaire médical :
Mon-entreprise / URSSAF — Simulateur pour auxiliaire médical
Mon-entreprise / URSSAF — Contribution maladie additionnelle :
Mon-entreprise / URSSAF — Contribution maladie additionnelle
URSSAF — CURPS et situation du remplaçant :
URSSAF — Cotisations et situation du professionnel remplaçant
Dernière vérification des règles : septembre 2026.



